Pour préparer un diplôme ou une formation professionnelle en alternance, il existe 2 contrats de travail : apprentissage et professionnalisation. Le jeune est salarié, un salarié en formation qui est donc rémunéré et partage son temps entre l’école, le centre de formation, l’université, et l’entreprise. Sans entreprise, pas de contrat en alternance.

Alors que le taux de chômage est très élevé, est-ce que c’est facile aujourd’hui de trouver un contrat en alternance?

Pas forcément de corrélation directe entre le taux de chômage et le nombre de contrats en alternance. Même si peut-être que dans certaines entreprises, on choisit de prendre un jeune en alternance, que l’on va garder 1, 2 ou 3 ans, le  temps de sa formation, plutôt que recruter.

Si on regarde les statistiques du ministère du Travail, on constate que le nombre d’entrées en contrat d’apprentissage a beaucoup baissé, de près de 30%, sur un an… Il faut être honnête, décrocher un contrat en alternance, surtout en ce moment, c’est difficile, mais il ne faut pas partir battu pour
autant et commencer par bien ficeler son projet pour bien le vendre à l’entreprise.

« Vendre son projet » ça veut dire quoi ?

L’idée c’est d’être capable d’expliquer son projet professionnel, pourquoi on veut préparer le diplôme qu’on a choisi, pourquoi en alternance, et pourquoi on veut le faire dans telle ou telle entreprise. Un
petit pitch, pour reprendre un terme du cinéma, c’est à dire une synthèse qui vous permet en quelques minutes de vous présenter à un recruteur potentiel.

La deuxième étape, j’imagine que c’est de préparer son CV et sa lettre de motivation…

Préparer ses outils. Une étape qui angoisse beaucoup les candidats qui se demandent toujours quoi mettre dans leur CV ou leur lettre. Alors voici la composition :

– Un titre

– Ses expériences pro, même sans rapport avec le secteur professionnel ou le métier visé

– Une photo oui mais professionnelle : pas de photo de plage même recadrée autour du visage.

– Attention aux détails : adresse mail professionnelle là-encore, pas de doudou92@hotmail.com

– La lettre : faire court, beaucoup de recruteurs avouent ne plus la lire, ou alors toujours après le CV.

– 3 paragraphes : vous/moi/nous. Une lettre à adapter à chaque candidature, donc.

Une fois qu’on a mis au point ces outils, il faut trouver des entreprises à démarcher : comment fait-on, surtout quand on n’a pas de réseau professionnel très développé ?

Commencer par activer son réseau perso. Même quand on n’a pas un père DRH ou une mère députée, il est toujours important de communiquer autour de soi sur sa recherche. Non pas pour réclamer un contrat, ce qui en général n’a pour résultat que d’embarrasser la personne sollicitée, mais plutôt pour faire connaître votre projet, faire remonter les informations sur le « marché caché » de l’emploi ou tout simplement vous faire conseiller.

Le voisin, votre tante ou l’ami de votre grande sœur, informés de votre recherche, peuvent vous aiguiller vers des entreprises auxquelles vous n’auriez pas pensé. Il faut enfin ne pas oublier de se créer des profils sur les réseaux sociaux professionnels les plus connus d’entre eux comme Viadeo, Linkedin, etc.
et on arrive à l’étape suivante : organiser sa recherche sur Internet….

Aujourd’hui c’est incontournable de chercher un contrat en alternance sur Internet…

Plus ou moins, tout dépend du type de diplôme préparé : pour certains BTS dans le secteur du commerce ou de la grande distribution, les recruteurs sont à démarcher directement dans leur boutique, c’est évident. Mais il ne faut pas négliger Internet et les sites qui proposent des annonces : letudiant.fr,
évidemment, mais aussi les sites des Chambres de commerce et d’industrie et des
chambres de métiers et de l’artisanat.

Actrices de l’alternance, la plupart des régions mettent elles aussi en ligne sur leur site ou sur des sites dédiés des annonces de recrutement.

Enfin les plus grandes entreprises comme EDF, Veolia, PSA, Accor, Axa, ont des sites dédiés à leur recrutement, sur lesquels il faut exercer une veille régulière notamment parce que la plupart d’entre elles recrutent en alternance aussi bien sur leurs métiers traditionnels (ingénierie pour EDF, restauration
pour Accor) que sur les métiers de support communs à toutes les entreprises (gestion RH, comptabilité, informatique).

On ne peut pas tout faire depuis son ordinateur quand même ?

Non, il faut sortir de chez soi : on l’a dit pour démarcher directement certaines entreprises, mais aussi pour aller sur des salons de recrutement, dédiés à l’alternance ou pas. Beaucoup de villes, de régions, organisent à cette époque de l’année des forums de l’alternance qui permettent aux jeunes de rencontrer des responsables d’établissements de formation et des recruteurs. Il faut y aller !

On peut se faire aider dans son école ?

Oui, mais la plupart des écoles donnent rarement des contacts d’entreprises, à part dans certains secteurs très recherchés, dans certaines écoles d’ingénieurs. Elles sont plutôt là pour aider les jeunes à bien préparer tous leurs outils de recherche d’emploi – mais si on n’a pas choisi son école ça peut être un critère, privilégier celles qui proposent des ateliers de recherche de contrat, et celles qui ont des partenariats avec des entreprises.  C’est souvent un gage de sérieux, et c’est un appui certain.

On peut se faire aider aussi par les missions locales, les CIJ (les centres d’information jeunesse). Les Chambres notamment organisent des ateliers pour aider à la rédaction de CV ou de lettre de motivation, il ne faut pas hésiter à les contacter.

Mais concrètement, comment font les jeunes que vous rencontrez et qui ont trouvé un contrat, quel est leur secret ?

Pas de secret, mais beaucoup d’obstination ! Untel a trouvé son contrat sur un site de petites annonces,
un autre a rencontré son recruteur sur un salon, un autre encore n’a eu qu’à convaincre le recruteur dont le contact lui avait été donné par l’école. Un jeune en alternance sur 5 trouve en effet son entreprise par l’intermédiaire de son école.

Pour l’entreprise, c’est un gain de temps appréciable puisque l’école fait déjà un travail de présélection. Pour le jeune, c’est évidemment très confortable puisqu’il évite un long travail de prospection. Mais il doit quand même réussir à convaincre le recruteur lors des différents entretiens.

Un dernier conseil pour que cette recherche soit efficace ?

Il faut être rigoureux, professionnel dans sa recherche.

Pour trouver un contrat en alternance il n’est par rare d’avoir à envoyer plusieurs dizaines de CV, et quand un recruteur appelle un postulant, il s’attend à ce que celui-ci l’identifie rapidement. D’où l’intérêt
de tenir à jour un « carnet de bord » de ses recherches, pour noter les contacts pris, la nature de ces contacts (mail, contact direct par démarchage, appel téléphonique). Indispensable pour organiser ses relances, ce carnet de bord vous aidera à considérer votre recherche de contrat comme un vrai professionnel. Exactement ce que les recruteurs attendent de vous !

 

Via Franceinfo (émission du 15 mai 2013)

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